Protocole InSPIRe

Innovative Strategies for Perinatal Infection Risk-Reduction

Investigateur coordonnateur :  Professeur Laurent Mandelbrot, Service de Gynécologie Obstétrique, Hôpital Louis Mourier, GH HUPNVS, APHP
Responsables scientifique : Professeur Pierre-Yves Ancel, INSERM U1153 équipe EPOPé / CIC mère enfant P1419, GH COCHIN-BROCA-HOTEL-DIEU et Professeur Claire Poyart, Centre national de référence des Streptocoques, INSERM 1016, GH COCHIN-BROCA-HOTEL-DIEU

Justification scientifique 

Les infections materno-fœtales ou néonatales bactériennes précoces (IMF) sont une des principales causes évitables de mortalité et de morbidité néonatale. Les indications actuelles d’antibiothérapie sont probabilistes, entrainant des limites d’efficacité et un impact en termes d’antibio-résistance. La perspective d’avenir serait une antibiothérapie personnalisée et adaptée reposant sur la recherche et l’identification rapide, lors de l’accouchement, de bactéries associées au risque d’IMF. Or, les performances des tests de dépistage actuels sont insuffisantes, limitées à la détection du streptocoque de groupe B. D’autres germes sont impliqués notamment dans les ruptures prématurées des membranes. L’étude se situe dans le cadre du développement d’un kit de diagnostic (également nommé InSPIRe) qui sera capable de détecter dans un prélèvement vaginal (PV) les signatures métagénomiques potentiellement pathogènes : prédiction du résultat de la culture et de l’antibiogramme classiques, facteurs de virulence, profils du microbiote, ainsi que la réponse immunologique de l’hôte.

Objectif principal :

  • Valider le test moléculaire multiplex InSPIRe à partir d’une collection biologique de prélèvements vaginaux réalisés chez des femmes enceintes, pour détecter la présence de Streptococcus du groupe B.

Objectifs secondaires :

  • Valider le test moléculaire multiplex InSPIRe pour détecter d’autres germes pathogènes, des marqueurs de virulence et d’antibio-résistance associés
  • Identifier dans cette population les facteurs prédictifs cliniques (âge gestationnel, signes de chorioamniotite, oligoamnios), biologiques (hyperleucocytose, élévation de la CRP) et microbiologiques (présence de germes pathogènes, dysbiose), associés aux infections materno-fœtales
  • Identifier des signatures bactériennes associées au risque d’IMF par des analyses méta-génomiques
  • Identifier des bio-marqueurs maternels locaux associés au risque d’IMF (taux d’IL6 et éventuels autres biomarqueurs en cours d’étude)
  • Identifier des signatures bactériennes et biomarqueurs associés au risque de chorioamniotite clinique ou histologiques
  • Constitution d’une sérothèque permettant d’avoir une bio-banque de sérums particulièrement important pour valider la présence d’anticorps vis-à-vis des différents pathogènes recherchés.

Schéma expérimental :

Etude prospective sans intervention. Les échantillons de PV sont collectés à l’inclusion et à l’accouchement et congelés. Les analyses de métagénomique et immunologie et par le kit InSPIRe sont réalisées dans un deuxième temps.

Quatre cohortes sont suivies selon leur inclusion :

Groupe A : consultation prénatale entre 33 et 38 SA+ 6J, bénéficiant d’un prélèvement vaginal pour dépistage du streptocoque B

Groupe B : rupture des membranes à terme avant le travail (RMTAT) à partir de 37 SA.

Groupe C : menace d’accouchement prématuré (MAP) ou accouchement prématuré entre 22 SA et 36 SA + 6 jours.

Groupe D : rupture prématurée des membranes (RPM) entre 22 et 36 SA + 6 jours.

Les nouveau-nés ne feront l’objet d’aucun examen spécifique, mais les résultats des examens et des diagnostics réalisés dans le cadre des soins habituels seront analysés en tant que critère d’évaluation des examens réalisés chez la mère.

Bénéfices attendus pour les participants et pour la société 

  • Mise au point d’un kit de diagnostic rapide pour mieux prédire le risque d’IMF.
  • Amélioration de la prise en charge obstétricale, notamment des indications antibiotiques adaptées en temps utile et si nécessaire.
  • Limitation des antibio-résistances et des effets sur le microbiote liés à l’utilisation probabiliste d’antibiotiques.

Etat actuel des inclusions

Trois centres participent aux inclusions : Louis Mourier, Port Royal (Cochin) et Bichat.

Les objectifs d’inclusion ont déjà été atteints pour 3 groupes sur les 4 :

  • Groupe A (dépistage de routine) terminé le 04/03/2020 (N=1102/1000)
  • Groupe C (MAP) terminé le 19/02/2021 (n=506/500).
  • Groupe B (ruptures des membranes à terme avant travail) terminé le 31/08/2022 (n=498/500)
  • Groupe D (ruptures prématurées des membranes), 386/500 inclusions au 1er novembre 2022